by Swissquote Analysts
Mesures de normalisation malgré un risque de guerre commerciale
Les données économiques ne contrediront pas les faits : l'économie canadienne se porte bien. Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada (BdC), se trouve donc dans une situation difficile. Pris d’un côté par des données économiques favorables et une guerre commerciale potentielle avec son plus grand partenaire de l'autre, la politique économique est dans une zone floue.
En effet, avec un taux d'inflation supérieur à l'objectif de 2% fixé par la BdC, une croissance des salaires largement supérieure aux indices des prix à la consommation, un taux de chômage au plus bas depuis 10 ans et surtout une expansion économique supérieure aux projections de 2.20% de l'autorité monétaire canadienne, il est fort à parier qu’un resserrement de la politique monétaire doit bientôt avoir lieu.
Cependant, en adoptant une approche de gestion des risques, les incertitudes liées à d’avantages de sanctions commerciales de la part des États-Unis demeurent. La renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) amorcée le 16 août 2017 se poursuit, sur fond de taxes douanières sur le bois, l'acier, l'aluminium, et bientôt sur les automobiles et les pièces détachées automobiles.
Dans ce contexte, et malgré des tensions géopolitiques persistantes, Stephen Poloz doit prendre la responsabilité d'opter pour un relèvement des taux lors de la réunion de ce jour. Puisque les taux d'intérêt canadiens figurent parmi les plus bas des grandes banques centrales mondiales et que le huard continue de s'affaiblir, rien ne justifie les conditions de financement extrêmement accommodantes actuellement en vigueur. Le taux directeur de la BoC devrait donc être relevé d'un quart de point, pour passer de 1.25% à 1.50%.
L'USD/CAD évolue actuellement au niveau des 1.3140 et n'a cessé de se renforcer depuis le début de l'année (YTD : +4.70%). Nous nous attendons donc à voir la paire se diriger vers les 1.31 après la décision de la banque centrale.