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« Nous sommes un vrai challenger »

Pionnier de la 5G en Europe, Sunrise met Swisscom sous pression.
Audacieux, le deuxième opérateur de Suisse a annoncé en février le rachat d’UPC. Son CEO Olaf Swantee dévoile son plan de bataille.

Une rentabilité en forte hausse et une solide croissance du nombre d’abonnés. Sunrise semble profiter de vents favorables, en dépit d’une stagnation de son chiffre d’affaires au premier trimestre. L’entreprise basée à Zurich, qui s’apprête à avaler le câblo-opérateur UPC, est à l’offensive sur plusieurs fronts. L’enjeu du moment : faire de la 5G une alternative à la fibre optique dans les régions qui n’en sont pas équipées. Olaf Swantee, le cordial et très énergique CEO du groupe, s’est prêté au jeu de l’interview sur ce sujet, et bien d’autres, égratignant au passage son meilleur ennemi Swisscom. Rencontre dans les locaux vaudois de la firme.

Les Suisses sont réticents à se tourner vers la 5G dont ils ne perçoivent pas l’intérêt. À quoi va réellement servir ce nouveau réseau ?

Presque un million de foyers en Suisse n’ont pas accès à la fibre optique. C’est pourquoi bénéficier d’une prestation du type « fibre over the air » intéresse beaucoup de monde. Notre stratégie est de proposer la 5G en priorité à ces personnes, c’est-à-dire dans des villes où l’offre internet n’est pas très performante. Le premier client que nous avons équipé en Suisse est très représentatif à cet égard. Il s’agit d’un habitant d’une région d’Aarau où seule l’ADSL, beaucoup plus lente, était jusqu’ici disponible. Cette application de la 5G n’a pas la même importance dans des villes comme Genève, Zurich, Bâle ou Berne, où la fibre est aisément disponible. Bien entendu, cela ne nous empêche pas de déployer également la 5G pour les applications mobiles. Nous comptons proposer une couverture dans toutes les régions de Suisse d’ici à la fin 2019.

Vous admettez toutefois que la fibre optique reste la meilleure solution pour accéder au très haut débit…

Effectivement, la 5G ne va pas remplacer la fibre. Mais aujourd’hui, seuls 30% de tous les foyers en Suisse sont équipés en fibre optique FTTH (la fibre la plus rapide, ndlr). La 5G représente donc une vraie opportunité pour tous ceux qui n’y ont pas accès, particuliers comme entreprises.

N’est-ce pas plutôt une occasion pour les opérateurs de soulager le réseau 4G, qui arrive à saturation ?

Le flux des données sur notre réseau double tous les 16 mois. C’est un défi considérable d’absorber cette croissance. La 5G va effectivement nous donner davantage de capacités pour y faire face. Cela dit, les consommateurs vont également en profiter. Faites l’expérience de la TV 4K ou même la TV HD : avec la 5G, c’est immédiat et vraiment bluffant. En plus de la vitesse de téléchargement, l’autre grand apport de la 5G est la latence réduite,
c’est-à-dire la rapidité de temps de réponse. Elle profite aux applications qui requièrent de gros volumes d’uploads et de downloads simultanés, comme les jeux vidéo ou la réalité virtuelle. Les consommateurs vont vraiment voir la différence par rapport à la 4G.

D’après les premiers tests menés par des blogueurs, les débits promis ne sont pas au rendez-vous…

Un peu de patience, nous ne sommes qu’au début du déploiement. Nous atteignons pour le moment des vitesses de l’ordre de 800 Mbits par seconde, ce qui représente un débit au moins 6 fois supérieur à la 4G. Et nous atteindrons prochainement 1 ou 2 Gbit/s. Quant à la latence, elle est 3 fois moindre qu’avec la 4G, soit actuellement de l’ordre de 11 ms. Les applications pour la TV, les jeux vidéo ou la réalité virtuelle peuvent déjà en tirer parti. J’ai parlé récemment avec un tour opérateur qui souhaite présenter des hôtels à ses clients en réalité virtuelle. La 5G lui permettra de proposer cette prestation sans avoir à s’équiper d’un matériel encombrant.

Comment se développe votre offre destinée aux professionnels ?

C’est l’un de nos marchés en expansion. Et chose intéressante, une grande part de notre croissance provient de contrats avec de grandes firmes, telles que Nestlé, Procter & Gamble ou Zurich. En arrivant chez Sunrise, il y a trois ans, j’imaginais que les PME seraient notre coeur de cible.

Dans le domaine spécifique de la 5G, quels services comptez-vous proposer à ces entreprises ?

Comme évoqué précédemment, la 5G aura le plus souvent comme débouché commercial une succursale où l’internet haut débit fait défaut. C’est le cas, par exemple, pour La Poste, dont nous sommes le prestataire internet. Certaines de ses filiales ne disposent pas d’infrastructures performantes. La 5G va nous permettre de leur apporter le haut débit.

 

« Nous avons parmi nos clients des entreprises qui n’avaient jamais changé de fournisseur »

 

Les promoteurs de la 5G mettent en avant des applications industrielles, comme les machines connectées ou la télémédecine, qui font davantage rêver…

L’internet des objets (IoT), c’est-àdire le fait d’établir des connexions avec des machines et entre machines, est effectivement l’application qui fait le plus parler. Mais ce n’est pas pour demain, parce que cela nécessite une couverture parfaite. Par exemple, l’avènement des voitures connectées nécessite que 100% du réseau routier soit couvert.

Et il faudra du temps pour y parvenir. Cela n’empêche pas notre concurrent de faire la promotion de l’IoT. Nous sommes plus réservés et pragmatiques. Nous discutons toutefois des perspectives de ces technologies avec différentes entreprises, comme l’aéroport de Zurich par exemple.

Elles trouvent intéressant de pouvoir disposer de machines connectées pour optimiser leur productivité et abaisser leur consommation énergétique. L’autre axe de développement à long terme concerne l’établissement de réseaux privés pour de grandes entreprises. Une firme telle qu’UBS peut par exemple avoir besoin d’un réseau plus performant, offrant un temps de réponse très rapide, pour l’exécution de transactions financières. Mais là encore, il faudra attendre.

Vous suggérez à demi-mot que Swisscom vend du rêve ?

Je ne dis pas que notre concurrent principal ne fait que du marketing, mais lorsque je vois une affiche vantant la disponibilité de la 5G à Zurich, alors que la couverture réseau est inférieure à 80%, j’observe que ce n’est pas notre approche. Nous ne vendons pas quelque chose que nous ne pouvons pas offrir. Si les clients aiment travailler avec nous, c’est parce que nous sommes authentiques. Il est important de dire clairement ce que l’on peut faire.

L’opérateur historique bénéficie d’une réputation qui rassure. Les entreprises clientes de Swisscom ne se montrent-elles pas réticentes à changer de prestataire ?

Les mentalités évoluent. Nous avons parmi nos clients des entreprises qui n’avaient jamais changé de fournisseur. Et trois ou quatre mois après avoir signé avec nous, quand je leur demande si nous pouvons utiliser leur nom pour notre communication, la réponse est positive. Nous avons ainsi tissé d’excellentes relations avec beaucoup d’entreprises renommées, comme Swiss, Rivella, Tamedia, l’Aéroport de Genève ou encore l’Aéroport de Zurich.

Avec votre acquisition d’UPC, la perspective d’un duopole Swisscom-Sunrise se profile à l’horizon. Qu’est-ce qui peut empêcher deux grands acteurs de s’entendre sur les prix ?

La raison principale est que, même après la fusion, nous resterons un vrai challenger. Nous n’aurons que 14% de parts de marché B2B, 30% de parts de marché dans le secteur internet (53% pour Swisscom), 26% dans le secteur mobile (58% pour Swisscom). Donc il nous faut les challenger. Nos équipes veulent gagner des clients. Nous sommes conscients d’être les challengers. Nous devons prouver que nous pouvons faire mieux que la concurrence. Deuxième raison : nous allons continuer à proposer un dividende progressif pour convaincre les investisseurs. Et pour fournir ce dividende progressif à long terme, Sunrise a besoin de croissance. En outre, j’ai annoncé clairement que nous allions baisser nos prix

Freenet, votre actionnaire principal avec 24,5% du capital, est contre le rachat d’UPC. Est-ce le signe d’un rapprochement improvisé, dont les investisseurs ne veulent pas ?

Freenet ne s’est pas opposé à l’acquisition, mais il a indiqué qu’il n’avait pas les moyens financiers de participer à l’augmentation de capital. Nous avons été surpris par ce commentaire laissant entendre qu’il fallait encore discuter d’un deal. Or le management de Freenet a fait partie intégrante des négociations durant 18 mois. Nous avons signé un contrat. Il n’est donc pas très correct de sembler le remettre en question. Quoi qu’il en soit, nous avons rencontré plus de 170 investisseurs en Suisse et à l’étranger, et notre projet est extrêmement bien reçu.

Pourtant l’action Sunrise bat de l’aile ces derniers mois…

La baisse de valeur du titre résulte en partie de raisons techniques. D’abord, nous avons versé en avril un dividende de 4,20 francs par action. Ensuite, de nouveaux investisseurs sont très intéressés à entrer au capital, mais il est normal qu’ils attendent que la Commission de la concurrence donne son aval à la fusion, à l’automne prochain. De plus, certains fonds d’investissements, adaptés à une taille d’entreprise plus réduite, sont contraints de se désengager.

Qu’est-ce qui pourrait inciter un investisseur privé à miser sur Sunrise ?

D’une part, la fusion de Sunrise et UPC Suisse va bénéficier à la croissance, à l’innovation et à l’efficacité. D’autre part, l’argument d’un dividende progressif me paraît avoir du poids, surtout dans un pays ou ce dividende n’est pas taxé. Actuellement, le rendement en dividende est d’environ 6%. Les entreprises présentant des résultats aussi excellents que les nôtres et un tel dividende ne sont pas légions. Soulignons qu’avec l’achat d’UPC, nous doublons notre génération de cash; notre capacité à verser des hauts dividendes reste donc élevée.

 

« Nous ne sommes pas la première entreprise à travailler avec Huawei »

 

Quelles garanties vous offre votre fournisseur chinois Huawei, accusé d’espionnage par les États-Unis, en termes de sécurité ?

Il s’agit d’un sujet politique qui n’est basé sur aucun fait. Les États-Unis sanctionnent Huawei afin de faire pression sur la Chine. Mais les autorités fédérales se sont penchées sur la question et n’ont rien trouvé à reprocher à l’entreprise. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont abouti au même constat.

Par ailleurs, la sécurité du réseau relève de notre responsabilité et les données privées ne sont pas dans les mains de Huawei. Pour garantir la sécurité de nos installations, nous menons des tests et audits, et disposons d’outils logiciels constamment mis à jour, qui vérifient le fonctionnement du réseau. Et juridiquement, nous sommes protégés par les contrats que nous avons signés.

Autre élément très rassurant, nous ne sommes pas la première ni la seule entreprise à travailler avec Huawei… Aujourd’hui, 167 opérateurs dans le monde collaborent avec lui. Il a environ 30% de parts de marché au niveau mondial. Pensez-vous vraiment que Huawei souhaite mettre en péril un tel business ? Il est au contraire très vigilant.

Quelle relation entretenez-vous avec lui ?

La technologie 5G de Huawei est vraiment très au point. Ce n’était pas le cas pour la 2G et la 3G, mais avec la 4G et la 5G, ce fournisseur domine les débats. Au fil des années, nous avons noué un excellent partenariat. Lorsque nous rencontrons un problème, comme une coupure de réseau, il se montre très fiable et réactif.

La 5G suscite actuellement une vague de rejet en Suisse en raison de ses effets supposés délétères sur la santé. Cela vous inquiète-t-il ?

Ce débat n’a rien de rationnel, mais je ne suis pas surpris. Nous avons connu la même vague de critiques lors du lancement de la 3G. La grande différence, c’est qu’aujourd’hui ces critiques sont accompagnées de fake news, véhiculées par les réseaux sociaux qui sont devenus beaucoup plus puissants. Par exemple, des gens ont écrit que des oiseaux étaient tombés du ciel aux Pays-Bas, en octobre 2018, à cause de la 5G. Mais c’est absolument faux. À cette date, aucun test 5G n’était conduit dans ce pays !

Selon un article du New York Times daté du 15 mai 2019, beaucoup de ces rumeurs sont alimentées depuis Moscou parce que les Russes, à la traîne dans ce domaine, chercheraient à ralentir les autres pays. Je ne sais pas ce qu’il en est, mais je suis quand même très surpris par l’ampleur des fake news diffusées un peu partout.

Vous avez menacé d’intenter une action en justice en cas de moratoire dans des cantons suisses. Ne craignez-vous pas que l’image de Sunrise en souffre ?

Nous n’en sommes pas là. Mais il est quand même très surprenant que des politiciens nous vendent des fréquences pour un montant total de 389 millions de francs et que d’autres politiciens veuillent ensuite nous empêcher de déployer cette technologie.

Or, les procédures d’autorisation sont les mêmes que pour les antennes déjà existantes et le matériel est en règle. Par conséquent, s’il y a un moratoire contre la 5G, il faudrait en toute logique l’étendre à la 4G, à la 3G et à la 2G… De plus, les fréquences en question sont bien connues et comparables à celles du Wifi. Nous n’utilisons pas les fréquences plus élevées introduites aux États-Unis, par exemple.

Tout de même, n’y a-t-il pas un non-dit par rapport au futur de la 5G, avec la perspective inévitable de fréquences plus élevées pour atteindre la pleine puissance promise par cette technologie ?

Non. Nous n’avons pas besoin de ces hautes fréquences et je l’ai dit à la ComCom. Nous ne sommes pas à New York ou à Hong Kong où une telle capacité est nécessaire en raison des millions d’habitants qui vivent dans ces villes.

Ce que je peux garantir, c’est que nous observons les règles en vigueur et que notre technologie est similaire à celle de la 4G. Il s’agit d’une polémique étonnante. Nous devrions plutôt être fiers d’être le premier pays en Europe à adopter la 5G.

 


 

RÉGIME HELVÉTICO-NÉERLANDAIS

Regard passionné, ton volubile, voire volcanique, Olaf Swantee imprime son rythme à Sunrise depuis mai 2016, date de son entrée en fonction en tant que CEO de l’opérateur helvétique. Après un début de carrière dans l’informatique, chez Compaq et Hewlett-Packard, ce Hollandais d’origine, aujourd’hui âgé de 53 ans, a rejoint Orange-France Telecom au poste de vice-président exécutif.

Il a par la suite officié comme CEO de l’opérateur télécom anglais EE, qu’il a contribué à ériger en leader de son secteur. Marié à une Suédoise et père de trois enfants nés en Suisse, Olaf Swantee possède un passeport helvétique. Il est détenteur d’une licence en économie de l’University of Amsterdam et d’un MBA de l’European School of Management (ESCP) de Paris.

 
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