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Chine, le moment d’investir ?

Regardées autrefois avec défiance, les actions des entreprises chinoises suscitent un intérêt croissant des investisseurs, à mesure que l’Empire du Milieu s’ouvre aux capitaux étrangers.

08.02.2019 - 00:45

Il y a tout juste 40 ans, en décembre 1978, la Chine amorçait sa mue économique. Sous l’impulsion de Deng Xiaoping, le pays se convertissait brusquement à l’économie de marché en lançant une politique d’ouverture qui allait transformer l’Empire du Milieu en véritable usine du monde. Aujourd’hui, cette ouverture se poursuit. Le 1er juin dernier, certaines actions A, cotées en yuan sur les Bourses de Shanghai et de Shenzhen, ont fait leur entrée dans l’indice de référence des marchés émergents, le MSCI EM. Pour les investisseurs étrangers, cette introduction représente la promesse de pouvoir acheter plus facilement des titres chinois. Mais faut-il se risquer sur ce marché ? La réponse de Swissquote Magazine en cinq points.

1. Un marché incontournable

Aucun investisseur sérieux ne peut négliger la Chine. Deuxième économie de la planète et deuxième marché boursier au monde (en incluant Hong Kong), l’Empire du Milieu est un géant qui possède des entreprises cotées en Bourse dans tous les secteurs. Les plus connues, à l’instar d’Alibaba ou de Tencent, s’échangent à New York ou à Hong Kong. Mais les Bourses de Shanghai et de Shenzhen hébergent également des perles qu’il serait dommage de mépriser, comme l’éditeur de jeux vidéo Youzu Interactive ou l’assureur China Life Insurance. « Les actions chinoises ont acquis leurs lettres de noblesse et méritent une place au sein des portefeuilles à long terme », estime ainsi Michel Longhini, directeur général exécutif Private Banking, Union Bancaire Privée, dans les colonnes du journal Le Temps.

Longtemps, les investisseurs occidentaux ont pourtant regardé avec défiance le marché chinois, considéré comme peu fiable. Selon les chiffres du journal Les Echos, les étrangers ne détiennent ainsi que 2% de la capitalisation locale, contre 12% en Malaisie, 14% aux Philippines ou 21% en Inde. Pour inverser cette tendance, Pékin multiplie les initiatives afin d’ouvrir ses marchés financiers. L’intégration des actions A dans l’indice MSCI, le 1er juin dernier, constitue une première étape en ce sens. Selon les estimations de la banque d’affaires JP Morgan, cette introduction va permettre d’attirer 40 milliards de dollars dans les bourses chinoises dans les prochains mois.

Et ce n’est qu’un début. Après le MSCI, un autre spécialiste des indices boursiers, FTSE Russell, a annoncé en septembre 2018 qu’il allait lui aussi incorporer des actions de Chine continentale dans ses indices de référence à partir du mois de juin 2019. Selon FTSE Russell, cette décision est susceptible d’attirer 10 milliards de dollars de flux de capitaux nets vers les actions chinoises. Cet afflux d’argent étranger devrait mécaniquement faire monter les Bourses de Shanghai et de Shenzhen. Mais attention : « Le marché boursier chinois est risqué, souligne Meng Shen, directeur de la banque d’investissement Chanson & Co. Il est possible d’y trouver de bonnes opportunités pour gagner de l’argent, mais la performance des principaux indices reste décevante. Il y aura peut-être des actions avec un rendement de 1000% sur un an, mais c’est une sorte de jeu. »

2. Une année 2018 calamiteuse

L’année 2018 restera probablement comme l’une des pires dans l’histoire de la Bourse chinoise. Minés notamment par les tensions commerciales avec les États-Unis, les marchés se sont effondrés. Sur l’année civile 2018, l’indice Shanghai composite a ainsi perdu 25% de sa valeur, celui de Shenzhen a chuté de 33% et la Bourse de Hong Kong a régressé de 14%. Sur la même période, l’indice phare des bourses américaines, le S&P 500, n’a cédé que 5%.

Pour de nombreux analystes, la déconvenue des actions chinoises constitue un bon point d’entrée sur ce marché. « Les replis récents peuvent être envisagés comme une opportunité d’achat pour les titres des sociétés les plus solides », note ainsi Michel Longhini, directeur général exécutif Private Banking, Union Bancaire Privée, dans Le Temps.

« Le marché est actuellement sous-évalué, estime Lu Li, analyste pour le cabinet de conseil Daxue Consulting. Les cours actuels témoignent du pessimisme des investisseurs. Mais l’espace disponible pour la baisse est limité. Je pense que nous atteindrons le plancher au troisième ou au quatrième trimestre 2019. Le moment exact où interviendra le rebond n’est pas prévisible. » Un avis tempéré par Meng Shen, directeur de Chanson & Co : « Je ne pense pas que les actions A chinoises vont recouvrer l’ensemble de leur valeur en 2019. On aura peut-être un léger retour de la croissance à partir du mois de mars. »

Cette prudence s’explique par l’incertitude pesant sur les relations entre la Chine et les États-Unis. Après des mois de guerre commerciale, les deux pays ont décrété une trêve de trois mois début décembre, suspendant les hausses de droits de douane qu’ils s’étaient infligés mutuellement. Si cette pause a été saluée par les marchés, l’incertitude demeure. Si dans trois mois, aucun accord n’est trouvé avec Pékin sur des sujets comme les transferts « forcés » de technologie, la propriété intellectuelle ou l’espionnage informatique, les droits de douane seront relevés à hauteur de 25%, a averti Washington. Problème : « Un accord commercial complet ne peut pas être trouvé en seulement 90 jours, estime Meng Shen. Je pense que les deux pays vont nouer un accord par étapes ou alors un accord-cadre qui sera suivi de nombreuses négociations. »

En d’autres termes, la hache de guerre ne sera pas définitivement enterrée fin mars. « Les États-Unis et la Chine jouent un jeu dangereux, parce que la guerre commerciale n’est bonne pour personne, poursuit Meng Shen. Mais dans ce combat, Pékin dispose de moins de jetons que Washington. Les États-Unis constituent le principal marché d’exportations des entreprises manufacturières chinoises, si bien que le tarif douanier représente une arme de destruction massive contre l’économie chinoise. Si le problème n’est pas résolu, la pression sur Pékin va s’accroître de plus en plus. » Citée par l’AFP, Iris Pang, économiste d’ING, souligne que « la Bourse va dépendre largement des progrès de ces négociations. Si la trêve s’achève négativement, les représailles vont recommencer et le marché devrait encore plonger. »

« Je ne suis pas très optimiste, confie Lu Li. Trump n’est pas un politicien, mais un homme d’affaires qui s’intéresse à la maximisation de ses profits. De l’autre côté, la Chine a montré qu’elle n’avait plus peur de la guerre commerciale. Fondamentalement, La Chine n’a pas beaucoup d’options, mais les États-Unis non plus. »

3. Une croissance en berne

La croissance de la Chine a ralenti tout au long de l’année 2018, pour atteindre son plus faible niveau depuis vingt-huit ans. Selon le Bureau national des statistiques chinois (BNS), la hausse du Produit intérieur brut (PIB) s’est élevée à « seulement » 6,6% l’année dernière – un chiffre à faire pâlir d’envie bien des économies occidentales, mais loin des standards de l’Empire du Milieu plutôt habitué aux années de croissance à deux chiffres. Pour Pékin, la cause de ce ralentissement est à chercher du côté de l’extérieur : « Tout le monde s’inquiète de la situation internationale, a ainsi déclaré Ning Jizhe, le directeur du BNS. Les variables sont nombreuses comme les facteurs d’incertitude et cela a un impact sur notre économie. »

Les analystes pointent également du doigt les faiblesses internes de la Chine. Longtemps portée par son gigantesque marché local, fort de plus de 1,4 milliard d’habitants, la consommation s’affiche en légère baisse. Les ventes d’automobiles, les achats dans les shopping malls ou la téléphonie mobile par exemple ont ainsi diminué en 2018, ce qui pourrait impacter les entreprises actives dans le domaine, comme le constructeur automobile Geely ou l’opérateur China Mobile. Par ailleurs, les mesures prises par le gouvernement pour diminuer le colossal endettement du pays ont également contribué au ralentissement économique. Pour 2019, les analystes prévoient que la croissance va encore diminuer pour s’établir aux alentours de 6%. Pour autant, peu de risques de voir la croissance s’effondrer. L’économie peut fluctuer « dans une fourchette raisonnable » mais pas « tomber à pic », a affirmé début janvier le premier ministre, Li Keqiang. Investir avant que le gouvernement chinois prenne des mesures pour soutenir la croissance pourrait s’avérer un pari gagnant.

4. L’interventionnisme de Pékin

Face au ralentissement, le gouvernement chinois a assoupli ses politiques dans la seconde partie de 2018, optant également pour des mesures fiscales comme des baisses d’impôts, dans l’espoir de doper la consommation. Et en 2019, Meng Shen s’attend à ce que de nouveaux signaux d’assouplissement monétaire soient publiés lors de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).

Toutes ces mesures devraient contribuer à soutenir les bourses du pays. Et, si cela ne suffit pas, Pékin n’hésitera pas à soutenir directement les marchés, comme il l’a fait à de nombreuses reprises. Problème : cet interventionnisme peut entraîner des distorsions et une spéculation malsaine. « Si vous êtes un investisseur et que vous savez que l’État va toujours secourir les firmes en difficulté, vous allez vous mettre à parier non plus sur les entreprises qui vous semblent le plus à même de créer de la valeur, mais sur les interventions du gouvernement », explique Bing-Xuan Lin, professeur de finance à l’Université de Rhode Island.

5. Les secteurs clés

En 2015, le premier ministre chinois lançait l’initiative dite « Made in China 2025 ». Ce plan d’action du gouvernement, inspiré par le projet « Germany Industry 4.0 », vise à soutenir la montée en gamme de l’économie chinoise, en réduisant sa dépendance aux technologies étrangères. Actuellement, par exemple, la plupart des smartphones chinois sont équipés de puces de l’américain Qualcomm. En 2020, Pékin espère des produits réalisés avec 70% de composants et matériaux chinois, dans dix secteurs clés (lire ci-contre). Mais le plan voit plus loin : il veut faire de la Chine un des trois pays leadeurs dans l’industrie d’ici à 2049, année des 100 ans de la République populaire de Chine. Pour y parvenir, l’initiative se décline en plusieurs axes : augmenter les investissements dans la recherche et développement, améliorer l’automatisation des usines chinoises et développer des secteurs stratégiques comme la robotique ou les puces électroniques. Les secteurs concernés par le plan « Made in China 2025 » pourraient constituer de bons investissements, en raison du soutien massif de l’État chinois. Mais là encore, l’incertitude demeure. Le plan « Made in China 2025 » se trouve en effet au coeur du conflit avec les États-Unis.

Pour calmer l’Oncle Sam, Pékin pourrait remplacer, peut-être dès le mois de mars 2019, l’initiative « Made in China 2025 » par un autre programme dans lequel la volonté de dominer le secteur industriel serait moins présente, au profit de celle visant à ouvrir davantage le pays aux entreprises étrangères, écrit le Wall Street Journal.

En attendant l’épilogue du conflit sino-américain, certains analystes préfèrent regarder d’autres valeurs. « Je recommande les sociétés chinoises actives dans le business de l’or, l’industrie militaire et les nouvelles technologies. Mais seulement les entreprises qui possèdent de vraies ressources en R&D, ainsi que des droits de propriété intellectuelle », détaille Meng Shen. Pour Ben Cavender, analyste au sein du China Market Research Group, « en ces temps d’incertitude, les gens contractent des assurances, du coup ce business est promis à un très bel avenir. Je recommande donc les compagnies de ce secteur, comme China Life Insurance. »
 

LA NOUVELLE ROUTE DE LA SOIE

Lancée en 2013 sous l’impulsion du président Xi Jinping, l’initiative dite de la Route de la soie (Belt and Road Initiative), est un projet d’infrastructures d’une ampleur sans précédent, estimé à 800 milliards de dollars. Ce plan ambitionne de connecter physiquement à la Chine, l’Asie du Sud- Est, l’Asie centrale, l’Europe mais aussi l’Afrique, par voies routières, ferroviaires et maritimes. Selon un rapport de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), la ceinture économique imaginée par Pékin représente un gigantesque marché de 68 pays, pour une population totale d’environ 4,5 milliards d’habitants (62% de la population mondiale), et un PIB total d’environ 23’000 milliards de dollars, soit le tiers de l’économie mondiale. Ce gigantesque chantier pourrait avoir un impact considérable sur les marchés en favorisant les transports des matières premières et des marchandises. « Les nouvelles routes de la soie sont probablement la plus grande initiative à laquelle vous ne prêtez pas attention », a prévenu Robert Friedland, le patron du groupe minier Ivanhoe Mines, lors du FT Global Commodities Summit.

UNE CENSURE QUI COÛTE CHER

En matière de liberté d’expression, la Chine se distingue par une politique répressive, qui a des répercussions importantes sur les marchés. En mars 2018, par exemple, Pékin a décidé de suspendre la sortie de nouveaux jeux vidéo sur son territoire. Une catastrophe pour les éditeurs comme Tencent, qui a perdu un tiers de sa valeur sur la période, et Youzu Interactive. Si le blocus a pris fin en décembre 2018, ce type de décision abrupte n’est pas de nature à rassurer les investisseurs. Et de nombreuses autres compagnies sont susceptibles d’être sanctionnées. En 2017, par exemple, les trois réseaux sociaux les plus populaires de Chine – la messagerie WeChat, le site de microblogging Weibo et le moteur de recherche Baidu – ont également subi les foudres de Pékin, parce qu’ils auraient publié des « contenus illicites » mettant « en danger la sécurité nationale ».

 
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