DISCLAIMER

Our systems have detected that you are using a computer with an IP address located in the USA.
If you are currently not located in the USA, please click “Continue” in order to access our Website.

Local restrictions - provision of cross-border services

Swissquote Bank Ltd (“Swissquote”) is a bank licensed in Switzerland under the supervision of the Swiss Financial Market Supervisory Authority (FINMA). Swissquote is not authorized as a bank or broker by any US authority (such as the CFTC or SEC) neither is it authorized to disseminate offering and solicitation materials for offshore sales of securities and investment services, to make financial promotion or conduct investment or banking activity in the USA whatsoever.

This website may however contain information about services and products that may be considered by US authorities as an invitation or inducement to engage in investment activity having an effect in the USA.

By clicking “Continue”, you confirm that you have read and understood this legal information and that you access the website on your own initiative and without any solicitation from Swissquote.

CANNABIS LA FIÈVRE DE L’OR VERT

À quelques mois de la légalisation de la marijuana récréative au Canada, le marché mondial est en pleine ébullition.

La prohibition du cannabis, consensus mondial depuis près d’un siècle, serait-elle en train de partir en fumée ? Après l’Uruguay et plusieurs États américains, le Canada légalisera la consommation du cannabis récréatif en juillet 2018. Un changement de paradigme. « Pendant des années, la production, la vente et la consommation de marijuana ont été vivement combattues partout dans le monde, rappelle Christian Ben Lakhdar, professeur d’économie à l’Université Lille 2. Désormais, nous assistons à un retournement complet : de plus en plus d’États légalisent l’usage de cette drogue à des fins médicinales ou récréatives. Et ce phénomène se propage partout dans le monde. Cela ouvre la voie à un marché totalement neuf et donc indéniablement intéressant pour les investisseurs. »

Les perspectives sont alléchantes. Selon une étude du cabinet Arcview, publiée en janvier 2018, la vente légale de cannabis dans les États américains qui l’autorisent générera un chiffre d’affaires de 40 milliards de dollars en 2021, contre 16 milliards en 2017. Près d’une centaine de petits producteurs locaux se partagent le marché. Mais aucun n’est entré en Bourse, car le cannabis demeure illégal aux États-Unis au niveau fédéral.

 

« L’engouement des investisseurs pour le secteur du cannabis est énorme »

Martin Landry, analyste chez GMP Securities

 

En attendant, ce sont des entreprises canadiennes, comme Canopy Growth, Hydropothecary et Aurora, qui se taillent la part du lion. « En autorisant le cannabis thérapeutique il y a une quinzaine d’années, puis le récréatif en juillet prochain, le Canada est devenu le leader de la production de marijuana légale, explique Martin Landry, analyste chez GMP Securities, à Montréal. Si l’on observe le marché mondial, huit des dix plus grandes sociétés impliquées dans la culture de cette plante sont canadiennes. Elles ont pris beaucoup d’avance sur la concurrence internationale. »

LE CANADA, PREMIER EXPORTATEUR MONDIAL

En effet, loin de se cantonner à leur marché domestique, les sociétés canadiennes commencent à exporter leur production partout où le cannabis thérapeutique est autorisé. En mai 2017, par exemple, Aurora a annoncé le rachat du distributeur allemand Pedanios, afin de commercialiser son cannabis médicinal outre-Rhin. Par ailleurs, Canopy Growth vend ses produits au Brésil depuis 2016. D’autres pays, comme l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Pologne ou le Danemark, sont dans le viseur ou déjà approvisionnés par le Canada. « Nous n’exportons pas vers les États- Unis, car le commerce reste interdit au niveau fédéral. En revanche, nous allons nous implanter dans tous les pays où ce business deviendra légal, confirme Pierre Debs, directeur de Canopy pour le marché européen. Nous ne nous fixons aucune limite à l’exportation. »

« Les sociétés canadiennes ciblent les États qui commencent à légaliser le cannabis thérapeutique sans disposer de capacités de production locales. L’Allemagne est particulièrement intéressante parce que le cannabis thérapeutique y est remboursé par le système de santé, poursuit Martin Landry. Bien sûr, la concurrence va s’organiser. Mais je pense que l’avantage du premier entrant va se maintenir pendant plusieurs années. Dans 5 ans, il n’y aura plus huit sociétés canadiennes dans le top 10 mondial, mais le plus gros producteur au monde sera toujours canadien. »

D’ici là, le marché mondial du cannabis devrait peser entre 100 et 200 milliards de dollars par an, selon les différentes estimations. Le médical représentera la moitié de cette valeur et le reste proviendra de l’usage récréatif de cette drogue. Selon l’agence nationale de statistique canadienne, 4,9 millions de Canadiens ont dépensé près de 4,5 milliards de dollars pour se procurer du cannabis en 2017. Mais seulement 10% l’ont acheté légalement pour des raisons de santé. Les autres, soit 90%, se procurent illégalement cette drogue pour le plaisir. Avec l’autorisation de l’usage récréatif en juillet 2018, une grande part de ce marché noir devrait tomber entre les mains des producteurs de cannabis thérapeutique.

Selon une étude du cabinet Deloitte, publiée en 2016, la vente d’herbe à l’état pur pourrait peser plus de 6 milliards de dollars par an après la légalisation, sans compter les revenus du cannabis thérapeutique. Une aubaine qui agite le petit monde de l’or vert, où les transactions se multiplient. En octobre dernier, par exemple, l’entreprise américaine Constellation Brands, distributeur de la bière Corona, a annoncé l’acquisition de 9,9% du capital de Canopy Growth, pour 191 millions de dollars. Puis, le 24 janvier, Aurora Cannabis a acheté CanniMed Therapeutics pour 850 millions de dollars. En parallèle, la capitalisation des plus gros acteurs a explosé. À la Bourse de Toronto, la valeur de Canopy a été multiplié par trois en un an, tandis que celle d’Aurora s’est appréciée d’un facteur quatre et celle d’Hydropothecary d’un facteur deux.

« L’engouement des investisseurs pour le secteur est énorme, souligne Martin Landry de GMP Securities, mais lorsqu’une action commence à prendre 30 ou 50% en un seul mois, il faut rester très prudent. » Pour certains analystes, une bulle financière est en train de gonfler dans le marché du cannabis. Et gare à l’explosion. « Il s’agit d’un secteur nouveau, dynamique et florissant qui va durer. Mais ce n’est pas non plus le marché du siècle comme le fut le pétrole, poursuit Christian Ben Lakhdar. Par ailleurs, il n’est pas dénué de risques pour les investisseurs. »

Le premier serait que l’offre dépasse rapidement la demande. Au Canada, plus de 90 licences de production ont été délivrées par le Ministère de la santé à des entreprises dont plus d’une dizaine sont cotées en Bourse. Et toutes se préparent à augmenter massivement leur production afin de répondre à l’envol supposé de la demande résultant de la légalisation de l’usage récréatif. De quoi faire craindre la surchauffe dans une industrie encore émergente et spéculative.

« À court terme, nous nous attendons à une pénurie de cannabis légal au Canada. Les entreprises vont donc pouvoir réaliser des marges attrayantes. Mais dès 2020, date à partir de laquelle les nouvelles usines tourneront à plein régime, les capacités de production surpasseront la demande, explique Martin Landry, analyste chez GMP Securities. Cela va induire une pression sur les prix de vente et les petites entreprises auront du mal à survivre. Dans ce contexte, une concentration du secteur est inévitable. » C’est aussi l’avis de Sébastien St-Louis, cofondateur et CEO d’Hydropothecary, qui a accordé une interview à Swissquote Magazine

L’ÉCHEC DES POLITIQUES RÉPRESSIVES

Par ailleurs, la croissance des producteurs canadiens à l’international reste suspendue à l’évolution des législations locales, encore très restrictives dans la majeure partie du monde. Actuellement, seul 1,4% de la population mondiale réside dans une zone où la vente de marijuana est légale. Cela montre à la fois le potentiel énorme du marché mais aussi ses limites actuelles. « Toutes les nations vont regarder de près ce qui se passera au Canada quand le cannabis récréatif deviendra légal cet été, estime Pierre Debs de Canopy Growth. À mon avis, lorsque les autres pays verront que la société canadienne ne s’effondre pas et que l’économie se porte bien, les arguments en faveur de la prohibition ne tiendront plus. »

Un avis partagé par Christian Ben Lakhdar, auteur du livre De l’intérêt de sortir le cannabis des réseaux criminels : « Au niveau mondial, la prohibition du cannabis a été un échec cuisant. Les politiques répressives n’ont jamais endigué le trafic et elles ont coûté très cher aux États. C’est pourquoi de nombreux pays réfléchissent à légaliser cette drogue. C’est un mouvement de fond qui, en plus, pourrait rapporter gros au niveau fiscal. »

 
Live chat