Dossier

25 pépites européennes

À l’heure où le numérique régit le monde, l’Europe ne peut plus dépendre des services fournis clés en main par les Américains. Des entreprises sont prêtes à relever le défi. Notre sélection.

Par Bertrand Beauté

  • Fondation: 2006
  • Siège: Amsterdam (NL)
  • Revenues: €684.2 MIO (2020)
  • Effectif: 1700
  • Stock Exchange:

57 milliards d’euros. C’est la capitalisation d’Adyen, soit plus de deux fois celle de Credit Suisse. Une performance plus qu’honorable pour une entreprise fondée en 2006. Spécialiste des systèmes de paiement, Adyen profite de la digitalisation de la société, qui entraîne une multiplication des moyens de payer : carte bancaire, évidemment, mais aussi wallets (Apple Pay, WeChat Pay) ou Pay by Link, un outil qui permet d’envoyer au client un lien de paiement sécurisé par e-mail, chat ou sms. Afin de maîtriser tous ces systèmes, les commerçants font appel à des spécialistes du paiement dit « omnicanal », tel Adyen.

Cette pépite néerlandaise compte dans son portefeuille de prestigieux clients comme Booking.com, Spotify ou Uber. Adyen, portée par la pandémie, a vu son chiffre d’affaires progresser de 28% en 2020, à 684,2 millions d’euros. Une majorité d’analystes conseillent de conserver le titre. En effet, même si Adyen possède une longueur d’avance, la concurrence est rude face à des géants comme le français Worldline, l’américain FIV ou encore la californienne Stripe. Le risque ? Que de gros clients passent chez l’ennemi. En 2018, par exemple, eBay a choisi d’abandonner PayPal au profit d’Adyen.

  • Fondation: 1999
  • Siège: Poznań (PL)
  • Revenues: €898 MIO (2020)
  • Effectif: 3150
  • Stock Exchange:

C’était l’événement de l’année, sinon de la décennie, pour les investisseurs polonais. Le 12 octobre 2020, le spécialiste du commerce en ligne Allegro a fait son entrée à la Bourse de Varsovie, prenant immédiatement la première place du WIG20, l’indice qui regroupe les 20 plus grosses capitalisations locales. Fondé en 1999 dans une cave de Poznań, ville de l’ouest de la Pologne, Allegro contrôle aujourd’hui près de 50% du commerce en ligne de ce pays de 40 millions d’habitants. Si le chiffre d’affaires de la firme est dérisoire par rapport à celui des mastodontes américains ou chinois (3,997 milliards de zlotys en 2020, soit 900 millions d’euros), il est important pour une société qui n’est active que dans un seul pays. Mais attention : après des années de tergiversation, Amazon a débarqué en Pologne en mars 2021. Cette nouvelle concurrence risque de nuire à la croissance effrénée d’Allegro (+54,2% en 2020).

  • Fondation: 1984
  • Siège: Veldhoven (NL)
  • Revenues: €14 MRD (2020)
  • Effectif: 28073
  • Stock Exchange:

Audi, Renault, Stellantis... Tous ces constructeurs automobiles ont annoncé en 2021 des arrêts temporaires de leurs usines en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Cette crise met en lumière la dépendance de l’industrie européenne aux fondeurs taïwanais (TSMC et UMC). Mais derrière ces géants se cache un autre géant et il est européen : ASML. Méconnue, cette société néerlandaise est le plus gros succès de la tech européenne. À titre de comparaison, ASML pèse plus lourd en Bourse que Volkswagen, Siemens ou Novartis. L’entreprise est le seul fabricant au monde de machines EUV (Extrême Ultra-Violet), utilisées par les meilleurs fondeurs de la planète (TSMC, Intel, Samsung, etc.). De fait, ASML profite à plein de l’augmentation de la demande mondiale de semi-conducteurs. En 2020, son chiffre d’affaires a atteint 14 milliards d’euros, en hausse de près de 20% par rapport à 2019. Une majorité d’analystes conseillent d’acheter le titre.

  • Fondation: 2012
  • Siège: Munich (DE)
  • Revenues: €2.830 MRD (2019)
  • Effectif: 4165
  • Stock Exchange:

Fondée en 2012, la start-up berlinoise Auto1 Group se présente comme la plus grande plateforme de vente de voitures d’occasion en ligne d’Europe. Et pour cause : depuis sa création, Auto1 connaît une folle croissance. Son chiffre d’affaires est passé de 128,5 millions d’euros en 2014 à 3,476 milliards en 2019. La plateforme, qui achète des véhicules à des particuliers, puis les revend à des professionnels dans toute l’Europe, mise sur l’intelligence artificielle pour dénicher les meilleures affaires disponibles. L’énorme progression de la firme a toutefois été freinée par la pandémie, qui a entraîné une baisse des revenus de 18% l’an dernier, à 2,8 milliards. Pas de quoi refroidir les investisseurs : en février 2021, elle a réussi une entrée spectaculaire à la Bourse de Francfort. Une majorité d’analystes conseille d’acheter le titre.

  • Fondation: 1988
  • Siège: Prague (CZ)
  • Revenues: $922 MIO (2020)
  • Effectif: 1700
  • Stock Exchange:

À l’époque, la propriété privée était interdite en République tchèque. En 1988, c’est donc sous la forme d’une coopérative que naît Alwil, qui prendra plus tard le nom d’Avast. Après la chute du Mur, la coopérative devient une entreprise en 1991 et se spécialise dans les antivirus. La société connaît alors un certain succès sur son marché local lorsqu’intervient le second tournant de son histoire : en 2001, le géant américain de l’antivirus Symantec attaque le marché tchèque. Pour survivre, Avast change complètement de stratégie et adopte un modèle freemium : son antivirus devient gratuit pour le grand public et la société se rémunère sur une version premium, plus complète. Grâce à ce choix visionnaire, la compagnie grignote des parts de marché dans le monde entier. Aujourd’hui, Avast revendique plus de 435 millions d’utilisateurs, soit 12,69% du marché mondial des antivirus fonctionnant sous Windows, juste derrière le numéro un Symantec (13,16%), selon Statista. Une majorité d’analystes conseillent d’acheter le titre.

  • Fondation: 2001
  • Siège: Warrington (UK)
  • Revenues: £ 141.4 MIO (2020)
  • Effectif: 1000
  • Stock Exchange:

Les humains seront-ils bientôt délestés des tâches informatiques les plus répétitives ? C’est l’objectif de la deeptech britannique Blue Prism. Fondée en 2001, elle a développé une technologie baptisée RPA (Robotic process automation), terme repris depuis par tout le secteur. Les logiciels RPA sont capables d’identifier les manipulations humaines les plus récurrentes et de les reproduire ensuite par eux-mêmes — par exemple dans le domaine de la finance, de l’assurance ou des services. De grands noms tels que Pfizer, Coca-Cola ou Sony utilisent les logiciels de Blue Prism.

Encore naissant, le marché de la RPA devrait atteindre 13,74 milliards de dollars en 2028, selon un rapport du cabinet californien Grand View Research publié en avril dernier, soit une croissance de 32,8% par an sur la période. Une majorité d’analystes recommandent d’acheter le titre Blue Prism, pionnier du secteur. Mais pour s’imposer, la jeune pousse devra affronter d’autres start-up : la californienne Automation Anywhere, la française Contextor (rachetée par le géant allemand SAP en 2018) et surtout UiPath. Fondée en Roumanie, cette dernière aurait dû figurer en bonne place de ce classement si elle n’avait pas déménagé aux États-Unis.

  • Fondation: 1994
  • Siège: Varsovie (PL)
  • Revenues: €478 MIO (2020)
  • Effectif: 1111
  • Stock Exchange:

C’est ce qui s’appelle un coup de maître. Au mitan des années 2000, le petit éditeur CD Projekt décide de racheter les droits d’adaptation en jeux vidéo de la saga de romans « The Witcher », de l’écrivain polonais Andrzej Sapkowski, très populaire dans son pays. La suite ? Un succès qui dépasse de loin les frontières. Sorti en 2015, The Witcher 3 s’écoule à plus de 30 millions d’exemplaires, faisant de CD Projekt un concurrent crédible au big four mondial des jeux vidéo (Ubisoft, Activision, Electronic Arts et Take-Two Interactive). Plutôt que de cultiver ce filon, CD Projekt décide ensuite de laisser de côté son jeu vedette – et unique franchise – pour s’atteler à un nouveau projet. Ce sera Cyberpunk 2077, le jeu vidéo le plus attendu des gamers en 2020. Nombre d’entre eux seront déçus, en raison d’un bâclage en règle des versions destinées aux consoles. En décembre dernier, Sony a même décidé de retirer le blockbuster de sa plateforme PlayStation Store. Une décision rarissime dans le secteur. Depuis lors, le cours de CD Projekt a perdu plus de 60% de sa valeur (entre décembre 2020 et juin 2021) et les analystes sont partagés sur la marche à suivre.

  • Fondation: 2013
  • Siège: Cambridge (UK)
  • Revenues: $199.1 MIO (2020)
  • Effectif: 1500
  • Stock Exchange:

Darktrace est l’un des pionniers de l’intelligence artificielle appliquée à la cybersécurité. Cette approche, particulièrement novatrice, vise à neutraliser les attaques informatiques inconnues de manière autonome, contrairement aux antivirus et autres firewalls classiques qui sont construits en fonction des événements passés. Un potentiel qui a séduit Microsoft : en mai dernier, le géant américain a signé un partenariat avec Darktrace, afin de sécuriser ses services cloud, notamment Microsoft 365 et Azure. La firme a fait son entrée en Bourse le 30 avril 2021. Son action se négocie autour de 480 livres, soit près du double de son prix d’introduction fixé à 250 livres.

  • Fondation: 2013
  • Siège: Londres (UK)
  • Revenues: £4.1 MRD (2020)
  • Effectif: 2300
  • Stock Exchange:

L’IPO de Deliveroo devait être l’un des succès de l’année. Las, le spécialiste de la livraison de repas à domicile a connu des débuts très difficiles à la Bourse de Londres en mars dernier, avec une chute de plus de 25% pour son premier jour de cotation. La raison ? L’émergence de nouvelles règles sociales qui menacent son business model. Certains pays comme l’Espagne ont en effet adopté des lois faisant des livreurs des salariés. Une surcharge difficile à assumer pour une société qui a encore affiché un déficit de 9,6 millions de livres en 2020. Pour augmenter ses revenus, Deliveroo souhaite se diversifier. La société a ainsi noué un partenariat avec le géant de la distribution Carrefour afin de proposer la livraison de biens de consommation en France, en Belgique, en Italie et en Espagne. Une majorité d’analystes recommandent de conserver le titre.

  • Fondation: 2011
  • Siège: Berlin (DE)
  • Revenues: €2.471 MRD (2020)
  • Effectif: 35528
  • Stock Exchange:

Delivery Hero est l’un des grands gagnants de la pandémie. Le spécialiste de la livraison de repas a doublé (+95%) son chiffre d’affaires en 2020 à 2,8 milliards d’euros. Par rapport à ses concurrents (Uber Eats, Deliveroo, TakeAway), l’entreprise a la particularité d’être très exposée aux marchés émergents avec 257,4 millions de chiffre d’affaires en 2020 réalisés en Amérique du Sud, 386,3 millions au Moyen-Orient et 667,7 millions en Asie. Le livreur allemand préfère en effet quitter les marchés matures où la concurrence est trop rude. Delivery s’est ainsi retiré d’Allemagne (son pays d’origine), d’Italie, des Pays-Bas, de France et d’Australie. Une stratégie qui séduit les analystes : une majorité recommande d’acheter le titre. Reste que Delivery Hero n’a jamais été bénéficiaire depuis sa création en 2011 avec un résultat négatif net de 1,4 milliards d’euro en 2020.

  • Fondation: 1876
  • Siège: Stockholm (SE)
  • Revenues: €23 MRD (2020)
  • Effectif: 100000
  • Stock Exchange:

Les déboires d’Huawei, dont les infrastructures 5G sont interdites dans plusieurs pays, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, font les affaires d’Ericsson. Plusieurs opérateurs ont en effet abandonné la société chinoise au profit de l’équipementier télécom suédois. C’est le cas de Telefónica en Allemagne, de British Telecom au Royaume-Uni ou encore de Bell au Canada. Résultat : Ericsson détient désormais 35% du marché mondial de la 5G (Chine exclue), loin devant Nokia (25%) et Huawei (20%), selon le cabinet Dell’Oro. Une majorité d’analystes recommandent d’acheter l’action.

  • Fondation: 1992
  • Siège: Stockholm (SE)
  • Revenues: €3.764 MRD (2020)
  • Effectif: 20000
  • Stock Exchange:

« Data is in Hexagon’s DNA. » Le site Internet d’Hexagon donne immédiatement le ton : l’entreprise suédoise est un spécialiste des données. Mais pas n’importe quelles données, celles de l’industrie. L’entreprise suédoise développe de nombreux capteurs et les logiciels associés permettant l’automatisation des usines (industrie 4.0), mais aussi le développement de villes intelligentes (smart cities). À ces activités historiques, Hexagon a ajouté ces dernières années le machine learning et l’intelligence artificielle. La société travaille notamment pour les constructeurs Daimler, Volkswagen et PSA (devenu Stellantis). Une majorité d’analystes recommandent de conserver le titre.

  • Fondation: 2000
  • Siège: Amsterdam (NL)
  • Revenues: € 2.4 MRD (2020)
  • Effectif: 9000
  • Stock Exchange:

Une faim de loup. Après avoir fusionné avec son concurrent britannique Just Eat en 2019, le spécialiste de la livraison de repas Takeaway.com a avalé en 2020 le service américain Grubhub pour 7,3 milliards de dollars. Résultat : en dehors du marché chinois, l’entreprise se revendique désormais « numéro un mondial de la livraison de repas en ligne ». Dopée par la pandémie, Just Eat Takeaway a livré 588 millions de commandes en 2020, en hausse de 42% par rapport à 2019. Une majorité d’analystes recommandent d’acheter le titre.

  • Fondation: 2008
  • Siège: Montbonnot-Saint-Martin (FR)
  • Revenues: €1 MIO (2020)
  • Effectif: 100
  • Stock Exchange:

Petit Poucet dans l’univers des semi-conducteurs, Kalray se rêve en futur Nvidia (lire Swissquote Magazine de juillet 2020). Pour percer, la pépite française mise sur la prochaine révolution du secteur : l’intelligence artificielle embarquée. Explication : actuellement, l’intelligence artificielle est hébergée dans des data centers, mais demain elle se logera directement dans les objets, notamment les voitures autonomes. C’est le edge computing, une nouvelle ère qui demande des puces électroniques spécialement conçues pour cet usage. Après avoir réalisé plusieurs prototypes, Kalray lance cette année la production en volume de son processeur dédié au edge computing. Objectif : en vendre 100’000 dans les deux prochaines années, de quoi réaliser un chiffre d’affaires de 100 millions en 2022. Sur son chemin, Kalray affrontera le leader du domaine, le géant Nvidia, mais aussi d’autres pépites comme la britannique Graphcore.

  • Fondation: 1981
  • Siège: Lausanne (CH)
  • Revenues: $5.25 MRD (2021)
  • Effectif: 6000
  • Stock Exchange:

C’est probablement l’un des plus grands gagnants de la crise sanitaire. Le fabricant de périphériques informatiques suisse Logitech, qui fête cette année ses 40 ans, a vu son chiffre d’affaires bondir de 74% sur l’année fiscale 2021 achevée le 31 mars. Ces résultats sont le reflet de la pandémie : les consommateurs ont davantage travaillé et joué chez eux, et se sont donc équipés en conséquence. « Fiscal Year 2021 was our best year ever », a claironné Bracken Darrell, le CEO américain de l’entreprise. Une tendance qui devrait se poursuivre. Selon les analystes, l’essor du télétravail ou l’avènement de l’e-sport, domaine dans lequel Logitech est bien positionné, devraient perdurer bien après la crise.

  • Fondation: 1963
  • Siège: Munich (DE)
  • Revenues: €596.9 MIO (2020)
  • Effectif: 3000
  • Stock Exchange:

L’éditeur allemand développe une gamme de logiciels de visualisation, de modélisation et d’animation 3D, couvrant tout le cycle de vie des bâtiments. Un domaine baptisé BIM (Building Information Modelling), de plus en plus en vogue dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Le BIM permet en effet un échange d’informations entre les différents corps de métier et ainsi une meilleure gestion des coûts. Nemetschek revendique 6 millions de clients dans le monde. Une majorité d’analystes conseillent d’acheter le titre – l’entreprise devant profiter des plans de relance post-pandémie.

  • Fondation: 1865
  • Siège: Espoo (FI)
  • Revenues: €21.9 MRD (2020)
  • Effectif: 92000
  • Stock Exchange:

La pandémie n’a rien arrangé; Nokia est toujours à la peine. L’équipementier finlandais a réalisé un exercice 2020 laborieux avec une perte de 2,4 milliards d’euros, contre un petit bénéfice de 7 millions en 2019. À situation difficile, traitement de choc : Nokia a annoncé en mars la suppression de 5000 à 10’000 postes au cours des deux prochaines années. Le numéro 3 mondial des réseaux 5G accuse du retard face à ses rivaux Huawei et Ericsson. Une majorité d’analystes conseillent néanmoins d’acheter le titre, qu’ils jugent sous-valorisé actuellement.

  • Fondation: 1972
  • Siège: Weinheim (DE)
  • Revenues: €27.34 MRD (2020)
  • Effectif: 102400
  • Stock Exchange:

Dans le top 10 mondial des infrastructures cloud, on ne retrouve qu’un seul acteur européen : l’éditeur allemand de logiciels SAP qui arrive à la dixième place, selon le cabinet Synergy Research, loin derrière les géants américains Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. SAP est surtout connu dans le cloud dans le segment des logiciels sur abonnements dit SaaS (software as a service), dont il est le quatrième éditeur mondial derrière les américains Microsoft, Oracle et IBM. Une majorité d’analystes conseillent d’acheter le titre de l’entreprise qui devrait bénéficier de l’essor du cloud : le marché européen devrait plus que quintupler, en passant de 53 milliards d’euros en 2020 à 300 à 500 milliards d’ici à 2027-2030, d’après un rapport de KPMG paru en mai 2021.

  • Fondation: 1968
  • Siège: Munich (DE)
  • Revenues: €1.207 MRD (2020)
  • Effectif: 3800
  • Stock Exchange:

À la base des puces électroniques se trouve une matière première indispensable : des plaquettes de silicium baptisées wafers. La fabrication de ces wafers est aux mains d’une poignée de fournisseurs : les japonais Shin-Etsu et Sumco, le taïwanais GlobalWafers, le coréen SK Siltron et l’allemand Siltronic. À eux cinq, ils contrôlent 90% du marché, estimé à 11,2 milliards de dollars, dont 13% pour Siltronic. Les analystes conseillent de conserver le titre.

  • Fondation: 2006
  • Siège: Stockholm (SE)
  • Revenues: €7.88 MRD (2020)
  • Effectif: 6554
  • Stock Exchange:

Dans le monde de la tech, on classe parmi les « Titans » les entreprises nées après l’an 2000 dont la valorisation dépasse 50 milliards de dollars. L’un des problèmes de l’Europe, c’est qu’elle possède trop peu de titans pour peser face aux mastodontes américains ou chinois. Dans cette catégorie, Spotify fait figure d’exception. En juin 2020, la plateforme suédoise est devenue le premier titan européen, rejoint depuis par Adyen.

Si sa valorisation est depuis repassée sous le seuil symbolique des 50 milliards, Spotify peut se targuer d’être le numéro un mondial du streaming musical devant les géants Apple Music et Amazon Music. Fin 2020, le suédois revendiquait 345 millions d’utilisateurs (+27% sur un an), loin devant Amazon Music et ses 55 millions d’abonnés (Apple ne communique plus son nombre d’utilisateurs depuis 2019). La mauvaise nouvelle vient des résultats financiers : l’an dernier, Spotify a accusé une perte de 581 millions d’euros, contre 186 millions un an plus tôt. Une majorité d’analystes conseillent néanmoins d’acheter le titre.

  • Fondation: 1987
  • Siège: Plan-les-Ouates (CH)
  • Revenues: $10.22 MRD
  • Effectif: 46000
  • Stock Exchange:

Tesla, Apple, SpaceX... Basé à Genève, le champion franco-italien du design de puces électroniques STMicroelectronics possède dans son portefeuille de prestigieux clients. Et l’entreprise profite à plein du contexte actuel, marqué par une demande accrue sur fond de pénurie mondiale des semi-conducteurs. En avril 2021, STMicro a annoncé son ambition d’atteindre 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires dès 2021, un bond de 18% par rapport à 2020, c’est-à-dire avec deux ans d’avance sur son plan précédent. Une projection saluée par les analystes, qui recommandent d’acheter le titre.

  • Fondation: 2001
  • Siège: Paris (FR)
  • Revenues: €13.9 MIO (2020)
  • Effectif: 190
  • Stock Exchange:

S’inspirant de WhatsApp, Streamwide a lancé en 2013 une solution similaire à celle de la messagerie instantanée américaine, mais destinée aux entreprises et mettant l’accent sur la sécurité des données. La société française commercialise deux applications phares : l’ultra-sécurisée « team on mission », utilisée par exemple par le GIGN (l’unité militaire d’élite française), et « team on the run » qui s’adresse à des clients plus classiques comme EDF. Boosté par la pandémie, le titre de l’entreprise a progressé de plus de 200% en un an et demi (entre janvier 2020 et juin 2021).

  • Fondation: 2005
  • Siège: Göppingen (DE)
  • Revenues: €460 MIO (2020)
  • Effectif: 1256
  • Stock Exchange:

Le Länder de Bade-Wurtemberg, limitrophe de la Suisse, est connu pour abriter de grands noms de l’industrie allemande comme Mercedes-Benz, Porsche ou Bosch. Mais cette région est aussi le berceau d’une société qu’on aurait plutôt imaginée dans la Silicon Valley. Fondée en 2005, TeamViewer développe des outils permettant une supervision du travail à distance, tels que la télémaintenance, l’organisation de visioconférences ou la surveillance de sites industriels. Un secteur qui a connu un boom phénoménal durant la pandémie. La firme allemande, qui revendique plus de 1880 entreprises clientes, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 42% en 2020. TeamViewer est en concurrence avec des sociétés comme Zoom pour les visioconférences, Slack pour la gestion de projets ou encore Chrome Remote Desktop (Google) pour la fonction de bureau à distance.

  • Fondation: 2004
  • Siège: Manchester (UK)
  • Revenues: £1.61 MRD (2020)
  • Effectif: 7000
  • Stock Exchange:

Avec 10,7 millions de nouveaux clients en 2020, The Hut Group (THG) a profité à plein de la pandémie pour se développer. Spécialisé dans la vente en ligne de cosmétiques, l’entreprise britannique est devenue en quelques années un acteur majeur du secteur de la beauté. Sur sa plateforme, le groupe propose près de 1000 marques, dont L’Occitane, Nuxe, L’Oréal ou encore MAC, mais aussi ses propres produits. Pour développer son offre, THG rachète des petites enseignes prometteuses comme Eyeko en 2018 et Illamasqua en 2017.

  • Fondation: 2008
  • Siège: Berlin (DE)
  • Revenues: €7.982 MRD (2020)
  • Effectif: 14194
  • Stock Exchange:

Zalando fait ses courses en Suisse. En octobre dernier, le géant allemand de la mode en ligne a annoncé l’acquisition de la start-up zurichoise Fision, spécialisée dans les cabines d’essayage virtuelles. De quoi étoffer encore les outils de la plateforme qui a réalisé une année 2020 exceptionnelle avec un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros, en hausse de 23%. Dopé par la pandémie, Zalando voit toujours plus grand : l’entreprise entend tripler son volume d’affaires d’ici à 2025, à 30 milliards d’euros, afin de s’accaparer 10% du marché européen de la mode en ligne contre 2,4% actuellement. Pour y parvenir, l’allemand va s’inviter sur six nouveaux marchés cette année (Croatie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovaquie, Slovénie), puis deux autres en 2022 (Hongrie et Roumanie). Et pour contrer l’envol de la licorne lituanienne Vinted (non cotée en Bourse), Zalando s’est lancé fin 2020 dans la mode de seconde main. Une majorité d’analystes conseillent d’acheter le titre.