DISCLAIMER

Our systems have detected that you are using a computer with an IP address located in the USA.
If you are currently not located in the USA, please click “Continue” in order to access our Website.

Local restrictions - provision of cross-border services

Swissquote Bank Ltd (“Swissquote”) is a bank licensed in Switzerland under the supervision of the Swiss Financial Market Supervisory Authority (FINMA). Swissquote is not authorized as a bank or broker by any US authority (such as the CFTC or SEC) neither is it authorized to disseminate offering and solicitation materials for offshore sales of securities and investment services, to make financial promotion or conduct investment or banking activity in the USA whatsoever.

This website may however contain information about services and products that may be considered by US authorities as an invitation or inducement to engage in investment activity having an effect in the USA.

By clicking “Continue”, you confirm that you have read and understood this legal information and that you access the website on your own initiative and without any solicitation from Swissquote.

Dividendes le geste qui passe mal

En cette période de crise sanitaire, l’éternelle polémique sur les rétributions versées par
les entreprises cotées a refait surface. Mais cette fois, le débat est légitime.

Attention, sujet sensible. Alors que les vagues de licenciements déferlent et que les plans de relance des États se multiplient, la question des dividendes est devenue inflammable. Une entreprise peut-elle rétribuer ses actionnaires alors qu’elle reçoit des subventions, a recours au chômage partiel ou à des licenciements massifs pour surmonter la crise du coronavirus ? « Tous les grands groupes devraient suspendre leur dividende pendant cette période de stress extrême, et pas seulement les banques, prophétisait le 5 avril Paul Dembinski, directeur de l’Observatoire de la finance, dans les colonnes du journal Le Temps. C’est une mesure de prudence qui renforce la structure du capital. »

Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. « En Suisse et plus largement en Europe, les sociétés qui ont accepté des prêts garantis par l’État ou des subventions directes n’ont légalement pas eu le droit de rétribuer leurs actionnaires », explique Jérôme Schupp, analyste chez Prime Partners. Des entreprises comme Lufthansa, dont le plan d’aide global s’élève à 9 milliards d’euros, Air France (7 milliards) ou Renault (5 milliards) ont donc dû renoncer à verser des dividendes en 2020.

Toutefois, le chômage partiel n’est pas considéré par les autorités comme une subvention. En d’autres termes, les entreprises peuvent y recourir tout en versant des dividendes à leurs actionnaires. Et elles ne se privent pas pour le faire : en Allemagne, par exemple, BMW, Daimler et Volkswagen ont mis au chômage partiel 200’000 salariés, lors du confinement lié à la première vague, tout en versant près de 7,5 milliards d’euros aux détenteurs de leurs actions au titre des bénéfices de 2019.

 

« Quand on reçoit des aides de l’État, on ne distribue pas en même temps ses profits aux actionnaires »

Carsten Schneider, député allemand chef de file du groupe parlementaire du Parti social-démocrate (SPD)

 

De quoi susciter l’ire de responsables politiques allemands. « L’indemnité de chômage partiel est une subvention. Quand on reçoit des aides de l’État, on ne distribue pas en même temps ses profits aux actionnaires, a martelé le député allemand Carsten Schneider, l’un des chefs de file du groupe parlementaire du Parti social-démocrate (SPD) au Bundestag (la Chambre basse du Parlement allemand), dans les colonnes du Financial Times. C’est le visage hideux du capitalisme. Je suis pour un moratoire sur le paiement de dividendes lorsque c’est le cas. »

En Suisse aussi, la question a agité le monde politique. En avril 2020, le Conseil national a déposé une motion afin d’interdire le versement de dividendes en cas de chômage partiel. Parmi les entreprises visées : ABB, Adecco, Implenia, Swatch, LafargeHolcim ou encore Sunrise (la liste n’est pas exhaustive) qui ont versé un dividende cette année, au titre de l’année 2019, tout en ayant recours au chômage partiel. « L’instrument du chômage partiel a pour but de sauver des emplois pendant la crise. Il n’est pas logique qu’il soit détourné pour verser des dividendes », a argué Marina Carobbio, conseillère aux États (PS/TI). Difficile en effet de justifier auprès des contribuables, qui financent l’assurance chômage, que les impôts versés puissent profiter aux actionnaires.

Et pourtant, contrairement au Conseil national qui l’avait accepté de justesse avec 93 voix contre 88, le Conseil des États a enterré la motion, par 31 voix contre 10, avec un argument principal : « Il serait contre-productif de forcer les entreprises à choisir entre le chômage partiel et le versement de dividendes, a résumé le conseiller fédéral Guy Parmelin. Cela créerait une incertitude de plus en cette période de crise. » En d’autres termes, le risque principal d’une interdiction serait que les sociétés préfèrent licencier que de priver leurs actionnaires de rétribution.

Car sur ce front, rien n’a changé. Les sociétés ont toujours eu le droit de sabrer dans leurs effectifs, tout en rémunérant leurs actionnaires. Mais ce qui choque dans la crise actuelle, c’est le vertige des chiffres. Exxon Mobil, par exemple, va licencier 14’000 employés, soit 15% de ses effectifs, afin de maintenir son dividende à hauteur d’environ 15 milliards de dollars.

 
Live chat